« WHAT THE HEALTH », quoi penser du documentaire Netflix ?

J’ai eu l’occasion de regarder entre Noël et la fin de l’année, le reportage Netflix WHAT THE HEALTH, et je souhaite vous faire part de mon ressenti. Maxime CARMOUZE Ostéopathe

Ce documentaire traite des méfaits de l’alimentation d’origine animale sur la santé humaine, notamment dans le cas des maladies cardio vasculaires, diabète, et cancers.

Le constat qu’une alimentation végétarienne, sans aucun aliment d’origine animale, serait bénéfique pour l’état général de l’Homme et améliorerait la santé des individus face à toutes ces pathologies.

 

Même si j’étais assez au courant, grâce à mon cursus (anatomie, physiologie, micro nutrition) ainsi que ma culture personnelle (autres reportages, sport et recherches personnelles), je reste un peu bouche bée et stupéfait de ce que je viens de voir et d’entendre.

Ai-je tout faux ? Suis-je vraiment « obligé » de supprimer toute nourriture d’origine animale pour être en bonne santé et éviter de tomber malade ? Suis-je capable de devenir végétarien ? Comment faire au restaurant, dans les repas de famille ou dans la vie de tous les jours dans les moments de convivialité ? Comment faire pour être en bonne santé et protéger notre patrimoine naturel et environnemental ?

Puis, j’ai réfléchi et je me suis posé LA question qu’il fallait : est ce que tout ce reportage est une vérité vraie, à prendre pour argent comptant et donc appliquer ces conseils à la lettre ?

 

Nous allons donc débriefer un peu ce reportage tout en vous disant de le regarder et de l’analyser vous même.

Je ne vais vous donner que mon avis ainsi que mes réflexions, sur ces sujets traités.

 

 

Je ne m’attarderai pas sur les personnes interrogées (praticiens de santé surtout), même si je sais que c’est un biais à une analyse poussée. Je ne suis pas qualifié pour dire « tel ou tel praticien mérite d’être cru ou discrédité », ou pour revenir sur des choses que je maitrise moins, voire sur certains aspects de micro nutrition stricte ou de physiologie que je ne maitrise pas à ce niveau d’expertise. Cela ne va être que mon avis et mon analyse.

De plus, ce reportage à vu le jour grâce à un financement participatif et donc moins sujet à certains lobbying (même si le risque 0 n’existe pas selon moi, comme dans tout débat ou analyse).

 

Voici les liens que j’ai pu trouver:

https://www.netflix.com/fr/title/80174177 / http://www.whatthehealthfilm.com

Et pour ceux qui n’auraient pas Netflix, afin de visionner le documentaire (je vous le conseille) : https://www.youtube.com/watch?v=hJAKWQ6dDpQ

 

 

      1. Les USA, ce ne sont pas la France et l’Europe !

Maxime Carmouze Ostéopathe

Il faut voir que ce documentaire fait aux Etats unis, parle très souvent de l’industrie alimentaire et du marché de la viande aux Etats Unis. Une industrialisation faite dans la masse, avec des normes sanitaires différentes ainsi qu’un suivi des animaux complètement différent à notre système européen puis français.

 

Même si des élevages en masse existent ici aussi, mêlant cadre de vie et mise à mort des animaux ne sont pas toujours respectés, c’est quand même une de nos force dans notre pays par rapport aux faits exposés dans WHAT THE HEALTH.

Et je ne parle pas non plus des additifs, qui sont autorisés dans l’alimentation animale et même injectés directement aux animaux aux Etats-Unis, qui diffèrent de la législation sanitaire en France.

 

Il n’y a pas non plus dans mon discours, une parole disant que tout est « tout beau tout rose » chez nous et « tout noir » outre-Atlantique !

Cependant, les normes, et la qualité de vie, liées à notre environnement sont des sujets assez souvent traités avec des dispositions relativement bien prises, par rapport à nos homologues américains.

 

 

      1. Les protéines animales OK, mais seules mises en cause ?

Maxime CARMOUZE Ostéopathe

La viande, le poisson et les aliments d’origine animale sont clairement ciblés, par les reporters et les intervenants, comme étant le pilier central d’une alimentation à risque et responsable de ces maladies, diabète, maladies cardio vasculaires et les cancers ainsi que sur les méfaits sur l’environnement.

 

Le reportage n’évoque pas les modes de prise de ces protéines animales par l’Homme, à savoir cru, cuit, barbecue, vapeur, bouillon, frit… Tout cela influe sur la composition au moment de l’ingestion des aliments: un stress, les échanges ioniques, les bactéries encore présentes, les vapeurs absorbées…

 

Aussi, le documentaire ne nous parle que brièvement les autres soucis de l’alimentation de nos jours avec les graisses saturées, le sel, et les sucres raffinés, qui se retrouvent abondamment dans nos aliments de base (pains, sauces, viandes, plats préparés, laitages…).

Puis les autres dérives avec alcool, tabac, et drogues en tout genre, qui se « démocratisent ».

 

L’excès de protéines animales tout comme l’association avec tout autre agent extérogène, et les modes de cuisson sont pourtant importants. L’alimentation excessive et la prise variée d’autres substances, même médicamenteuse, sont aussi sources de problèmes sur la santé humaine.

 

 

      1. L’alimentation seule influence l’Homme et l’apparition de ces maladies ?

Maxime Carmouze Ostéopathe

J’ai l’habitude de dire à mes patients que pour se sentir bien dans son corps et donc son esprit il faut au minimum ces 3 choses dans son cadre de vie :

– Bonne qualité et quantité de sommeil.

– Alimentation relativement équilibrée et variée, dans de bonnes proportions.

– Avoir une activité physique ou dépense d’énergie quotidienne, professionnelle et/ou personnelle.

Si ces 3 conditions sont remplies globalement le corps va bien, après le cadre de vie importe et les facteurs environnementaux influent en « bien » ou en « mal » : l’Amour, la musique, les saisons, le « stress », la famille, la fête, le travail…et bien d’autres choses.

 

Or dans le reportage, notamment à la fin pour montrer l’influence d’un régime sans protéine animale, la population témoin  « saine et en bonne santé » est en partie composée des personnes qui prennent « soin » d’eux (et des fois dans l’extrême) en terme de cadence sportive, de récupération, d’alimentation et même micro nutrition, avec un quotidien lié à la performance et à la qualité de leur vie.

Différente donc en plusieurs points de la majorité de la population avec les pressions professionnelles, les contraintes horaires, la vie familiale du quotidien et bien d’autres choses à gérer.

L’idéal serait de ne pouvoir se soucier, comme « eux », de sa qualité de vie à proprement parler, mais ce n’est malheureusement pas très représentatif de la population actuelle.

 

De plus, l’objectivité des résultats sur les patients pris, « tout va bien », plus de prise médicamenteuse, en deux semaines, n’y a t il pas de biais ? N’y a t il que l’alimentation qui a changé dans leur mode de vie dans cette population cible ?

Ces personnes malades semblent être dans des structures spécialisées mais nous n’avons pas d’information sur les autres éléments qui sont touchés afin de diminuer voire supprimer la prise médicamenteuse à outrance puis d’améliorer leur vie.

 

Le résultat est stupéfiant et vraiment encourageant mais nous n’avons pas tous les tenants et aboutissants, je pense, sur cette expérience.

 

 

      1. Facteurs environnementaux et génétiques, quoi dire ?

Maxime Carmouze Ostéopathe

Même si WHAT THE HEALTH nous parle de l’aberration du caractère héréditaire dans la transmission de la maladie, je ne peux m’empêcher d’y mettre un bémol.

 

« Une petite explication s’impose :

Tout génotype (ce qui constitue l’ADN de chacun) peut être influencé par le phénotype (cadre de vie et facteurs environnementaux), mais le génotype, comme dit dans le reportage par exemple, peut réagir spontanément et contrecarrer ses actions, il s’agit la d’une sorte de correcteur et de régulateur naturel d’erreurs.

Ce qui fait qu’à la fois une personne vivant dans le Désert de Gobie, ou dans les hauts plateaux d’Ethiopie, ou à Figeac dans le Lot, a une même base génotypique, mais que le phénotype a influencé du fait de nos cadres de vie et d’évolution assez différents. Et donc qui fait que nous ne sommes pas sensibles aux mêmes agressions du monde extérieur, et que nous n’allons pas réagir au même chose et ainsi se développer différemment.

Chaque être est UNIQUE et INDIVISIBLE. »

 

Seulement la nuance que je mets, sur ce facteur bien relevé dans le documentaire du caractère flexible du phénotype sur le génotype, c’est que TOUT le génotype n’est pas modulable. La génétique est un socle solide et qui ne se laisse pas aussi facilement influencer que cela (par un simple facteur extérieur sur une génération, qu’est l’alimentation dans le reportage), que des modifications génotypiques peuvent mettre plusieurs générations à se mettre en place.

Ces caractères héréditaires, notamment des maladies citées, peuvent être latents, ne s’exprimer que plus tard dans l’âge ou ne jamais s’exprimer (sur une génération pour un individu). Ces facteurs extérieurs (comme l’alimentation et le cadre de vie) peuvent avoir une influence sur le génotype et moduler ces « prédispositions génétiques » à pouvoir contracter la maladie à ce moment là.

 

Mais la part génotypique n’est pas aussi facilement modifiable et influençable que le reportage nous l’accorde.

Ce qui a fait que l’évolution de l’Homme a pris du temps et que les évolutions notables mettent des générations avant de toucher le génotype.

 

 

      1. La nature est au centre du sujet comme toujours !

Maxime Carmouze Ostéopathe

Le sujet est brièvement abordé mais si les aliments d’origine animale sont néfastes pour l’Homme, c’est aussi et surtout parce que sa provenance, par son alimentation et son mode de vie, est altérée avec une nature en destruction et polluée.

 

Avec des océans qui partent à la dérivent, pollution marine et de tout notre écosystème marin, l’oxygène terrestre est majoritairement fourni par les océans. La pêche intensive à la palangre, ou aux filets, pour des marchés de plus en plus demandeur de poissons.

« En 2009, des données confidentielles de l’industrie maritime ont émergé et démontré qu’en prenant en considération la taille des moteurs et la qualité du carburant utilisé, les 15 plus gros navires cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’automobiles de la planète … (The Guardian comme The Times rapportent ces informations) »

 

Egalement, la déforestation afin de créer des cultures pour la production animale terrestre de plus en plus importante, du fait de l’accroissement de la population mondiale. Egalement la présence d’ajouts d’organismes afin d’augmenter les productions, diminuer les pertes, sur les céréales destinées à l’Homme ou aux animaux que l’on retrouve dans nos assiettes (quand ce n’est pas injecté directement dans l’organisme des animaux !). L’utilisation d’une quantité édifiante d’eau, de nappes phréatiques souillées et de sols altérés pour la culture intensive.

 

Nous voyons donc que océans et forets, nos ressources principales d’oxygène sont touchés afin d’assouvir nos « besoins » alimentaires en protéines animales (notamment).

 

 

      1. Mangeons nous simplement par obligation ?

Maxime Carmouze Ostéopathe

Tout le film documentaire nous parle de cette notion de nécessité de manger, qui est indéniable, de ce que l’alimentation nous apporte en tant que source d’énergie, de vie et à la fois des méfaits quand il s’agit de protéines animales.

Certes il y a cette face de l’alimentation mais il y a également aussi le coté « plaisir ».

 

D’autant plus qu’en France nous sommes une des cuisines et plus riches et inventives du monde. Où la recherche culinaire, les associations gustatives aussi farfelues soient elles, les émissions de télévisions, n’ont jamais eu autant de succès.

C’est une affaire de mode, de culture, de conservatisme comme dit dans le documentaire, « nous mangions de la viande à gogo alors pourquoi s’arrêter ? », « pourquoi ne pas continuer dans cette voie ci alors que c’est en partie responsable de maladies ? » Et je suis d’accord avec cela.

 

Mais ne pourrions nous pas manger de la protéine animale, viande, poisson, œuf… par plaisir et parcimonie, même si nous savons que ce n’est pas une nécessité et pas forcément bon pour notre corps (comme tout excès d’ailleurs !) ?!

Le gout est encore important pour pas mal de personnes, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable.

 

Au final on en tire quoi de ce documentaire ?!

Le problème qui est soulevé dans ce documentaire WHAT THE HEALTH, à juste titre, c’est la consommation (excessive ou non) de protéines animales par l’Homme, et l’influence sur sa santé au niveau des grandes maladies d’aujourd’hui, maladies cardio vasculaires, diabète et cancers.

 

Je nuancerais ce propos très tranché, avec les points évoqués précédemment par : une consommation abusive de protéines animales provenant d’une production intensive, dans un cadre « d’innanimalité » (cadre de vie et de mort de l’animal déplorables), d’une nature à la base de l’alimentation animale qui se voit également souillée, un manque de prise en charge globale de l’individu par une diminution de l’activité physique générale. Egalement une population de plus en plus inhumaine et dans la peur, un manque d’équilibre et de stabilité, puis d’une pression de toute part exercée par l’économie des lobbying sur les habitudes et cultures que la société mondiale, continentale, régionale, doivent adopter !

Car s’il est vrai que les paysans subissent les attentes et le rythme effrénés des lobbies, il est aussi vrai que ces même lobbies vivent au dépend, et exaucent nos vœux de consommateurs.

Certes cela sous-entend des changements dans nos habitudes alimentaires, des frustrations plus ou moins grandes en fonction de l’histoire et des rituels de chacun. Mais il s’agit là d’être acteur et d’agir.

 

Moi qui suit avertit et qui aime la viande, le poisson, toutes protéines animales…, mange globalement de tout à part certains aliments dont je me prive par gout (je n’aime pas), dans de bonnes quantités, avec quelques excès également et se faisant plaisir de temps en temps, ce documentaire WHAT THE HEALTH m’a bousculé un peu, comme vous avez pu le voir.

Ce que je tire de ce film est qu’il m’a fait prendre plus conscience encore de limiter les protéines animales :

D’abord pour notre propre intérêt, la santé humaine, afin d’éviter toutes ces maladies chroniques, invalidantes, lourdes voire mortelles telles que celles décrites dans le documentaire WHAT THE HEALTH.

Puis pour l’intérêt général : la planète, l’environnement, les autres êtres vivants que sont les animaux (car nous en sommes aussi, ne l’oublions pas !) et pour les générations à venir.

 

« Nous avons les moyens de les faire redevenir des aliments sains, simplement en permettant à une poule de redevenir une poule, de respecter la Nature et lui redonner le temps de pousser (sauf si Panoramix est dans le coin !). »

 

 

Les conseils du « chef » d’un point de vu alimentaire ?!:Maxime Carmouze Ostéopathe

Mangez de tout, dans des proportions correctes, avec du plaisir et la nécessité de bien manger. Pour cela privilégiez l’alimentation de proximité et des produits de saison en fonction du lieu où vous etes, une alimentation à tendance végétarienne tout en régulant (voire diminuant) un apport en protéines animales provenant d’une agriculture contrôlée et de plein air.

Faites comme bon vous semble, si vous n’aimez pas, respectez vos gouts, vos plaisirs et votre éthique.

Tout en ayant une activité physique, et un cadre de vie (privé et professionnel) qui vous plaise et qui permette de vous épanouir afin de profiter des moments de vie.

 

Selon l’OMS :

Pour préve­nir les mala­dies cardio-vascu­laires, le cancer, le diabète et l’obé­sité :

Moins de graisses satu­rées, de sucre et de sel, plus de fruits, de légumes et d’exer­cice physique.

Conseils OMS : http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2003/pr20/fr/

 

 

Brassens, ce bon vieux George, a dit « La seule qualité des médiocres, c’est la quantité. »

Redevenons grandiose, quittons cette médiocrité et délectons nous de qualité !

 

 

Mike Horn, explorateur, livre son expérience et sur ce l’on peut faire pour la nature. 3min30 à écouter son analyse, dernier effort !

 

Je vous conseille de voir ce documentaire WHAT THE HEALTH afin de prendre conscience que l’environnement part un peu à la dérive, que notre alimentation en découle et en est responsable également, et l’impact que cela a sur notre capital santé !

Ce n’est que mon avis, je souhaitais vous le faire partager !

 

Merci d’avoir pris le temps de lire mon analyse et d’avoir mon opinion sur ce sujet de santé publique.

 

Maxime CARMOUZE Ostéopathe

 

Autres documentaires intéressants (parmi d’autres) sur l’industrie alimentaire et sur la prise de conscience environnementale:

« Les Requins de la Colère », Jérome Delafosse, Canal+.

« Cowspiracy », Kip Andersen & Keegan Kuhn, Netflix.

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